Ludopoésie Tactique: 
             Création ludique, Science Fiction formelle

Web 1.0

Is it possible that software is not like anything else, that it is
meant to be discarded : that the whole point is to always see it as
a soap bubble?
− Alan J. Perlis

Dans l'ombre d'une rynopharyngite, ne pouvant faire mieux, ne voulant faire plus, me voilà qui commande à ma machine de me présenter sa copie de ce blog, identique en tout point avec celle présente sur le lointain serveur qui vous envoie ces mots.

Mais tandit qu'elle répond à mes commandes, elle ne peut répondre à mes attentes, et que je regarde, dépité, les erreurs apparaitre dans mon terminal. comme toujours…

Le code ne s'use pas.

Dans tout les domaines de l'ingenierie, qu'il soit question de concevoir un réacteur nucléaire, une ligne de tram, un robot d'assemblage ou encore une télévision, il est un critère qui doit être pris en compte : l'usure.

Rien ne dure éternellement, et c'est un fait qui est sérieusement pris en compte sur le plan de la technique industrielle.

Mais peut-on dire la même chose d'un roman ? Non pas du livre qui le supporte, mais du roman, lui même ?

Difficilement. Qu'un homme ou des millions l'ai lu, l'information qu'y a mis sont auteur reste la même. Et c'est l'avantage des signes écrits : il est possible de les copier sans approximations.

Mais est-ce totalement vrai ?

Lit-on Les Misérables de la même façon trente ans après l'insurrection de 1832, qu'il dépeint, et en 2019 (et lisons le nous exactement pareil depuis le début du mouvement « des gilet jaunes ») ?

Bien malin celui qui serait capable de dire qu'il lui donne le même sens qu'un tiers. Encore plus malin celui qui pourrait dire la même chose d'encore un autre, ayant vécu dans un monde 200 ans plus jeune.

Un roman ne s'use pas… quand bien même ses ressorts d'intrigues ont été repris et décliné milles fois après lui ? Quand la famine à disparue de notre champ de vision ? Quand on a cessé de tirer sur les grevistes pour qu'il reprennent le travail ?

Un roman ne change pas, ne viellit pas. Mais le monde, oui. Et comme seul le monde lui donne du sens… il ne reste qu'aux plus avides d'essayer de se mettre à la place du lecteur de l'époque, malgré les déformations du filtre de l'histoire. Et aux autre de faire avec ce qu'ils onts.

Et donc, le code ? Le code, c'est la même chose. On lui donne sens en deux endroit : sous la rétine du programmeur et lors de son execution dans un contexte pertinent.

Les coutumes des programeurs évoluent, les anciennes sont oubliées. Une bibliothèque de code va grossir, bouger, et perdre les interfaces avec ceux qui n'aurons pas suivit.

Le code ne peut plus s'executer, parce que son monde a trop changer pour qu'il y fît encore sens.

Étant une structure articulée très sensibles, il est courant que la moindre dissonance entre le monde qu'il suppose et celui qu'il rencontre le brise imédiatement − ce qui est toujours mieux que de continuer sur sa lancée en cassant des trucs.

Mais s'est là que Richard Stallman et le mouvement du logiciel libre ont compris ce qu'etait le code : du savoir.

Et j'ajouterais la chose suivante, il est probablement la forme la plus directe de confrontation entre les mathématiques et le social ; entre l'état du monde et celui de l'univers.

Dans sa main droite, l'imuable cohérence qui fût notre génèse. Dans sa main gauche, le bruit d'une humanité qui se redéfinit elle-même constament.

Est-il possible que le savoir ne soit semblable à rien d'autre, qu'il ne soit fait que pour disparaitre : que l'enjeu soit de toujours le voir comme une bulle de savon ?